Guestblogging : Le street-art en sites internet

Il y a quelques mois nous avions accueilli avec le centre culturel Hip Hop La Place plusieurs conservateurs des bibliothèques stagiaires pour travailler sur la mémoire du mouvement Hip Hop.

Dérivé du graffiti, l’une des branches du Hip Hop, le street art a aujourd’hui le vent en poupe ! (voir notre article sur ce sujet ) De plus en plus de personnes effectuent des séjours touristiques pour voir du street art et les œuvres vendues aux enchères se chiffrent en centaines de milliers d’euros.

Parallèlement à leur travail auprès de nous, Emilie, Fanny et Céline ont effectué un benchmark des principaux sites internet traitant de street art pour faire ressortir les points saillants, les qualités et les défauts de chacun ! Elles nous livrent leurs analyses…

Graffiti Général : http://www.graffitigeneral.com/fr

mag gen

Le site Graffiti Général est né de la volonté de conserver la mémoire d’un site de graff emblématique : les anciens Magasins Généraux de Pantin, sur les bords du Canal de l’Ourcq, abandonnés depuis 2004. En 2016, le site doit accueillir les locaux de BETC qui a souhaité conserver et rendre accessible la mémoire de ce lieu, avant sa réhabilitation totale. Accessible depuis décembre 2013, la plateforme a reçu en 2014 un Webby Awards pour son caractère innovant.

Avis : Le site propose une expérience totalement immersive en 3D dans les 20 000m² sur 6 niveaux du bâtiment. La découverte peut se faire de plusieurs façons : au gré d’une libre déambulation ou en sélectionnant directement un graff parmi ceux documentés par le site et signalés sur le plan. L’exploration est facile et très fluide et la qualité de l’image très bonne (possibilité d’affichage en HD). La visite est pédagogique grâce aux informations sur certains graffs (histoire, style et technique), aux témoignages de graffeurs et même au module ludique permettant de graffer virtuellement sur les murs. La recherche par artiste est également une plus-value de ce site, ainsi que le référencement de toutes les œuvres d’un même artiste, accompagné d’une petite bio sur le graffeur et son crew. La fluidité, la qualité de l’image et les sensations proches du jeu vidéo en font un site agréable à explorer. Le site n’est pas participatif, mais il est possible de partager ses découvertes directement sur Facebook, Twitter ou Google+.

 

Maquis-Art : http://www.maquis-art.com/

maquillaCréé en 1997 par des passionnés de graff’, Maquis-Art se veut l’équivalent d’un fanzine paraissant à un rythme bimensuel. La franchise est aussi celle de boutiques (physiques et en ligne) spécialisées.

Avis : le principal intérêt de Maquis-Art est la richesse de sa base photographique (près de 100 000 clichés), avec la possibilité d’effectuer une recherche par auteurs (artistes, crews ou photographes), par lieux et supports, ou par styles. Les visiteurs peuvent poster des commentaires sous les photos, bien que cette fonction semble peu exploitée. La navigation pâtit cependant du manque de lisibilité et d’ergonomie du site.

 

Fatcap : http://www.fatcap.org/

fatcap

Tiré du nom d’une valve de bombe de peinture, le site Fatcap tel qu’on le connaît aujourd’hui existe depuis 2007, et le projet depuis 1998. Il entend donner un “aperçu exhaustif du mouvement culturel graffiti à travers le monde”.

Avis : Bien que le terme “exhaustif” puisse prêter à discussion, Fatcap entend bien “traiter de l’actualité du graffiti international”. On y trouve donc des articles et vidéos sur le graff. Le site est foncièrement participatif : on peut s’y créer un compte pour déposer photos et vidéos, poster des commentaires et participer au blog. La recherche parmi tous les graffitis du site est intéressante car elle propose de nombreux critères : par type, style ou support. Une recherche par photographe, artiste ou crew est également possible, même si les pages sont inégalement fournies. Largement investi par les graffeurs (qui sont souvent également photographes), Fatcap se veut “l’emplacement idéal pour [les] campagne[s] de communication auprès de la communauté street-culture”. Le site est vraiment qualitatif, fourni et bien pensé, mais la multiplicité des outils (articles, vidéos, blog, carte, stats, etc) alourdit visuellement la page et l’ergonomie reste un peu vieillotte.

 

Google street art project : https://streetart.withgoogle.com/fr/

google Vous connaissez tous Google et sa myriade d’applis et de sites éponymes mais connaissez-vous le Google Street Art Project ? Lancée en juin 2014, la plateforme du géant de l’internet entend indexer, décrire et sauvegarder numériquement des milliers d’œuvres de street art à travers le monde. La vraie originalité que Google street art project tient à la capacité technique de restituer l’œuvre dans son contexte urbain en proposant des parcours de déambulations sur le modèle de Google Street View. Le Google Street Art Project a voulu miser sur le qualitatif en nouant des partenariats avec une cinquantaine d’institutions culturelles et artistiques  investies dans la défense et la préservation des œuvres d’art urbain telles que le Mural Conservancy of Los Angeles  ou le Wende Museum de Californie. Visites audio, expositions virtuelles cartographies, GIFs de street art et témoignages d’artistes sont disponibles depuis la page d’accueil de la plateforme en toute simplicité et avec beaucoup d’ergonomie pour une navigation très fluide.

Avis : Le plus de cette plateforme est de ne donner à voir que du contenu éditorialisé et mis en contexte par des experts issus de musées, d’associations ou de collectifs d’artistes. Les moyens dont dispose Google permettent un enrichissement massif de la base et une expérience de visite virtuelle de grande qualité grâce à l’utilisation des technologies les plus novatrices (visualisation à 360°, qualité optimisée des captures d’œuvres). Cependant, en dépit du caractère addictif des déambulations sur le Google Street Art Project et des efforts de curation proposés par Google, quelques questions demeurent : comment sont sélectionnées les œuvres ? le droit d’auteur et la propriété intellectuelle des artistes sont-ils garantis dans les meilleures conditions ? Une telle exposition des artistes de street art par l’une des plus influentes entreprises commerciale du monde ne contredit-elle pas l’essence vandale et subversive du street art ?

 

Urbacolors : https://www.urbacolors.com/fr

urbacolorsDéveloppé depuis 2010 par une équipe d’urbanistes, graphistes, informaticiens et photographes, Urbacolors a pour objectif de constituer un véritable réseau social mondial autour du street art. Les usagers sont encouragés à utiliser l’application “The Street Art Mapp” pour poster leurs photos d’œuvres, les tagguer, les commenter, suivre l’actualité des artistes et échanger avec d’autres passionnés. La force du projet réside en grande partie dans sa carte du street art qui permet une exploration par pays et par ville, ainsi que dans la richesse de la partie blog et la possibilité de recherche par nom d’artiste.

Avis : Incontournable pour tout amateur de street art, Urbacolors permet aussi bien de flâner d’une image à l’autre que de faire des recherches poussées. Ce qui fait sa force fait aussi sa faiblesse, puisque la masse de données disponibles, en particulier sur la page du blog, peut en décourager certains.

 

Street-art-avenue : http://www.street-art-avenue.com/

street art avenueC’est à l’investissement et au travail de collecte de deux passionnés, (Laurent, alias @vidos et Jérôme, alias @oox) que l’on doit la jolie plateforme Street Art Avenue, 100% dédiée à l’art urbain. Petit musée virtuel de l’art urbain, la plateforme Street Art Avenue se veut collaborative. Elle cherche à fédérer quiconque partage la passion du street art et entend entend faire découvrir ses trouvailles aux autres.

Avis : La plateforme Street Art Avenue offre une indexation des œuvres par entrées d’auteurs, par zone géographique (Europe, Amérique du Nord, Amérique latin, Asie) ou par style, chacune des œuvres répertoriées étant le fruit d’une rencontre avec un lieu ou un artiste à l’occasion de l’un de ces voyages que les créateurs de la plateforme semblent tant affectionner. En outre Street Art Avenue propose une rubrique “actus” régulièrement mise à jour, résultat d’une veille attentive sur ce qui fait l’actualité du street art en France et dans le monde. Enfin, un espace communautaire intitulé “Le Lab” permet aux artistes qui le souhaitent de publier leurs œuvres de street art (graffiti, collages, peintures, aérosols…). Chaque mois, un coup de cœur est sélectionné et mis en avant sur le site.

 

Beyeah : http://www.beyeah.net/

beyeahBeyeah est un magazine en ligne sur les musiques actuelles, le street art, la mode urbaine… Il s’agit également d’un producteur événementiel et d’une agence artistique implanté à Paris, Lyon et Bruxelles. Si la musique sous toutes ses déclinaisons est au cœur du site (de l’électronique au nu-disco en passant par la house et le hip-hop), le street art a cependant droit à une page dédiée qui regroupe des news internationales. A titre d’exemple, les trois premiers billets de l’année 2016 ont été respectivement dédiés au street art éphémère des chantiers de l’East London, à l’exposition ABK SACK organisée à la Cinémathèque française et au street art à Valparaiso (Chili).

Avis : le site lui-même se distingue par une interface claire et épurée rendant la navigation agréable. Si les mises à jour concernant le street art ne sont pas des plus fréquentes, cela est compensé par la qualité des articles et l’invitation à découvrir d’autres pans des cultures urbaines, notamment en matière de streetwear et de musique.

 

Oakoak : http://www.oakoak.fr/

oakOAKOAK est à l’origine le nom d’un artiste urbain originaire de Saint-Étienne, ville qui a été pour lui un premier terrain de jeu et d’expression artistique.  L’approche de OAKOAK consiste à détourner des éléments urbains en jouant avec des défauts banals, comme une fissure sur un mur ou un plot de stationnement renversé par exemple. Il ajoute sa propre vision, ses propres références qui découlent souvent de la culture geek . Son art est un moyen de poétiser l’environnement urbain avec humour et inventivité.

Avis : La plateforme OakOak est dotée d’une belle interface qui permet dès la page d’accueil de tomber au hasard sur l’une des œuvres de street art de l’artiste.

 

Street-art à Brest : http://www.streetart-brest.fr/

brest La plateforme street-art à Brest entend mettre en valeur les nombreuses réalisations de street-art de la ville bretonne. Le site est avant tout participatif et il faut se créer un compte pour publier des photos. Il permet d’effectuer des recherches simples ou avancées parmi ses nombreuses photographies de street-art et offre une visualisation et une localisation des œuvres sur carte. À partir de cette localisation, des balades « street-artistiques » sont proposées pour découvrir les œuvres. On peut visionner librement les photos dans la Galerie, via la Carte ou par Collections. La catégorisation des œuvres grâce à des mots-clés permet d’identifier des supports, des techniques, des quartiers, etc. et de filtrer. Un descriptif succinct les accompagne et il est possible de télécharger les photos.

Avis : Le site semble être avant tout l’œuvre d’un passionné qui veut faire partager ses découvertes. Les descriptifs manquent d’informations mais la plateforme invite ses usagers à laisser des commentaires pour les compléter. La géolocalisation est une vraie plus-value.

 

Street Art Map : http://streetartmap.chilledoutco.org/

mapLa Street Art Map, créée par le collectif Chilled Out co. permet à ses membres de partager en ligne la localisation d’œuvres de street art repérées dans les environs des plus grandes métropoles du monde. D’un planisphère à la focalisation sur une zone précise de la carte, les œuvres de street art apparaissent agrégées par zones puis épinglées sur leur emplacement propre. Il est également possible de balayer les photographies d’œuvres et d’obtenir leur localisation en cliquant dessus. Une entrée “artiste” permet de visualiser d’un coup d’œil la géolocalisation des œuvres indexées d’un artiste particulier tel que Jérôme Mesnager par exemple, Mr. Chat ou Jef Aerosol.

Avis : L’interface est simple, ergonomique et efficace. Seul bémol : à ce jour, l’alimentation de la Street Art Map, si elle est collaborative entre les membres du Chilled Out co., n’est pas encore ouverte à tous.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. lestreet dit :

    Chouette sélection

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