Carnet de voyages dans les Halles, partie 2 !

Les Halles : détours vers le passé
(31 mai – 27 août 2016)

Carnet de voyage dans les Halles : les détours de Guillaume Essaillon

Du 3 mai au 9 juillet 2016, la médiathèque de la Canopée – la fontaine a proposé aux amoureux du quartier des halles et de l’histoire, de suivre les aventures du tailleur de pierre Guillaume Essaillon, à travers le temps.

Au fil de ses pérégrinations, il nous a fait découvrir en images, la vie quotidienne aux halles, les grands changements et les petites évolutions, les bruits, les ambiances, les petits métiers et les difficultés du quotidien, du Moyen-âge à l’inauguration de la Canopée.

Beaucoup de chemin parcouru depuis la première partie, voici la suites de ses aventures !

QUIZZAKO
La danse macabre du cimetière des innocents qui comporte 17 gravures sur bois, met en scène différentes catégories sociales de l’époque. Elle montre ainsi à tous que les hommes sont égaux devant la mort. Sur cette scène, grâce à leurs caractéristiques, reconnaissez-vous les deux archétypes de personnages ?

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Solution : le maître d’école et l’homme d’armes

Juin 1590 – jour 19

Bien malgré moi, me voici de retour dans le cimetière des Innocents. Afin de prendre le contrôle de la capitale, le roi Henri affame les parisiens en empêchant l’arrivée des vivres. Les chevaux et les ânes sont la proie des habitants et bientôt, c’est vers le cimetière que les habitants vont se tourner. Même les rats ne sont plus en sécurité et finissent dans les assiettes. Mais ce n’est rien comparé à ce que je vois actuellement et qui me remplit d’effroi : plusieurs personnes déterrent des ossements pour les piler et en faire de la farine… Le siège va durer trois mois…

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Entrer une lég

La famine lors du siège de Paris par les troupes du roi Henri IV (1590). Gravure de Soligny d’après Emile Bayard (XIXème siècle). © Roger-Viollet. Bibliothèque historique de la ville de Paris

Mars 1601 – jour 20

Ce matin j’ai débarqué au plus fort de la marée. Il y a foule sur le marché au poisson de mer, en particulier les jours de jeune et de carême. Ici les gens mangent beaucoup de poisson salé : harengs, morues… « L’été au moment des grosses chaleurs, la salaison ne suffit pas à garder le poisson »… me dit un chasse-marée, ravi de parler de son travail « Alors on vend à la criée pour aller plus vite ! ». Parti de Dieppe, de Fécamp ou de Boulogne en fin d’après midi, acheminé en charrette, le poisson de mer rejoint Saint-Eustache en fin de nuit par Saint-Ouen. Le hareng saur et le pain sont les aliments de base on dirait ! Les goûts et les odeurs ne sont décidément pas les mêmes qu’au 21e siècle !

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Entrer une légende

Arrivée du poisson sur le carreau des Halles, Paris, 1870-1871 © Roger-Viollet

Mai 1610 – jour 21

Il est 16h, une curiosité un peu malsaine me pousse vers la rue de la Ferronnerie, au pied de l’auberge du « cœur couronné transpercé d’une flèche ». La rue est encombrée par les étals des marchands et une carriole bloque la voie. Un riche carrosse et son escorte s’arrête juste devant moi, je sais… je détourne les yeux… Le roi Henri vient d’être poignardé… Un homme roux habillé en vert est maitrisé par la garde, l’Histoire retiendra son nom : Ravaillac.1

L’assassinat de Henri IV : [estampe], BnF – Bibliothèque nationale de France Gallica

Décembre 1679 – jour 22

Ça caille aux aurores près de l’église Saint-Eustache ! Je discute avec un marchand Arménien. Comme beaucoup de ses compatriotes, il propose dans la rue une boisson nouvelle, noire, amère, aux propriétés tonifiantes. Ça vous dit quelque chose ?! Le café bien sûr ! Il remporte un grand succès dans la population, si j’en juge par le nombre de badauds rassemblés autour du petit « stand ». Il fait même concurrence à la piquette imbuvable et c’est peu de le dire, vendue dans les tavernes. Il est préparé en décoction et porté à ébullition. Ça choque un peu mes papilles trop habituées aux capsules de monsieur Clooney. Dépaysement garanti !2

Le marchand de café. Collection BIU Santé Médecine Paris Descartes Université Paris Descartes – Faculté de Médecine.

Avril 1777 – jour 23

Grande cohue ce matin rue des Petits champs ! L’empereur Joseph II, frère de le reine Marie-Antoinette est venu visiter l’école des jeunes Sourds, tenue par l’abbé de l’Épée dans sa propre maison du 14 rue des Moulins ! Séduit par ce qu’il a vu, il souhaite s’inspirer de cette initiative pour ouvrir une école à Vienne. Jusque là, personne ne s’intéressait vraiment à cette école de 30 élèves, mais après le passage de l’empereur, on peut espérer que l’intérêt pour cet établissement grandisse.

« Je ne fais d’exclusion pour personne : ma vie appartient à tous les sourds-muets, de quelque classe, de quelque pays qu’ils soient. Que les enfants des riches viennent chez moi, je les recevrai par tolérance, mais c’est pour les malheureux que j’enseigne ; sans eux, je n’aurais jamais entrepris d’ouvrir une école pour instruire les sourds-muets ».Charles Michel De l’Épée.

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Tableau « L’abbé de l’Epée instruisant ses élèves en présence de Louis XVI ». Huile sur toile de Gonzagues Privat (1875). Collection INJS de Paris.

Août 1776 – jour 24

A l’angle de la rue de l’Arbre-Sec et de la rue Saint-honoré, une très belle fontaine vient de voir le jour. J’y lis les inscriptions suivantes : « Fontaine de la Croix du Trahoir, Edifiée sous François Ier, Reconstruite en 1775, Soufflot architecte, Boizot sculpteur ». Un passant m’informe que son nom vient des étoffes que l’on tire sur la place, tandis qu’un autre évoque le triage des animaux destinés à la boucherie. Cela me fait penser au mot « tiroir » mais… je ne peux pas leur dire. L’eau y est fraîche et j’en profite pour me désaltérer un peu !

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Fontaine de la Croix du Trahoir, construite par Soufflot rue de l’Arbre sec. Photographie. Eugène Atget.

Mars 1786 – jour 25

Lors d’une promenade nocturne, je voulais voir la destruction du cimetière des innocents. Le spectacle auquel j’ai assisté n’est pas du tout ce que j’imaginais. Des hommes, armés de fourches, nettoient puis entassent des centaines d’ossements dans des voitures closes. Toute une possession de prêtres et de chœurs religieux s’éloigne ensuite à la lumière de torches vers les carrières de pierre du plateau Montsouris, nos actuelles catacombes. Par curiosité, j’ai fait quelques recherches, ces transferts ont eut lieu pendant plusieurs dizaines d’années jusqu’à la moitié 19e siècle, plus de 6 millions de dépouilles auraient été ainsi déplacées.

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Charles-Louis Bernier, Vue générale du Cimetière donnant sur la rue aux fers (1786), Gallica BnF – Bibliothèque nationale de France.

Octobre 1789 – jour 26

Des canons et des femmes en colère, c’est la scène incroyable à laquelle j’ai assisté ce matin. Au départ des Halles, des femmes armées de piques veulent rejoindre Versailles avec les canons du Châtelet. Elles sont accompagnées de membres de la garde nationale et marchent d’un pas décidé au son des tambours. Elles veulent alerter le roi de la disette dont souffre Paris. Elles sont exaspérées car les gardes du roi ont organisé une orgie dans la salle de l’opéra du château. J’ai suivi le mouvement sur quelques kilomètres, ayant bien conscience de vivre un moment gravé dans l’Histoire.

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Jean-François Janinet (1752 – 1814), Le Départ des Dames de la Halle et des Femmes de Paris pour Versailles, 5 octobre 1789. Château de Versailles, © Photo Grand Palais – RMN (Officiel).

Novembre 1794 – jour 27

Il est à peu près 9h, je suis aux Halles pour trouver de quoi me caler l’estomac. Il y a la queue partout, des mères de famille attendent des heures pour un œuf, quelques grammes de beurre, de l’huile, du savon ou des chandelles. Il parait qu’hier à 2h du matin, les files d’attente s’allongeaient déjà devant les boulangeries et qu’on s’arrache le poisson pourri aux enchères. Les gens n’ont pas mangé de viande depuis des semaines. Ils se contentent d’herbes et de légumes secs pour affronter l’hiver particulièrement rigoureux. Le manque de nourriture est dans toutes les conversations, les mauvaises récoltes sont encore responsables de cette faim terrible qui tenaille les parisiens. Un fort décharge un arrivage de viande, soudain plusieurs femmes le prennent à parti, pourtant ils sont appréciés d’habitue !

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Jean-Baptiste Lesueur, Misère et pénurie à Paris. Musée Carnavalet – Histoire de Paris

Juin 1802 – jour 28

J’étais tranquillement assis au café moreau, rue Babile, en train de refaire le monde avec des habitués, lorsqu’une épouvantable odeur de brûlé a envahi la rue. Quelques instants plus tard, le tocsin a retenti dans tout le quartier. La coupole de la Halle aux blés, qui vient de s’embraser, répand de lourdes volutes de fumées aux alentours. Ni une, ni deux, les membres du corps des gardes pompes se sont précipités pour tenter de contenir les flammes, aidés par toutes les bonnes volontés. Galvanisé par cet héroïsme collectif, je voulais leur donner un coup de main. Quand j’ai vu de quoi ils étaient équipés et les risques qu’ils prenaient, mon courage a disparu d’un coup ! Après des heures de combats acharnés, ils ont réussi à éviter le pire et seule la toiture, dont la charpente était entièrement en bois, a été réduite en cendres.

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Gardes pompes au XVIIIe siècle

Mai 1820 – jour 29

Me promenant dans les halles centrales, je suis porté par d’innombrables odeurs de nourritures qui invitent plus ou moins à passer à table… L’étal d’un marchand pique ma curiosité. M’approchant, je me rends compte qu’il propose un mélange assez surprenant d’aliments : différentes assiettes composées pêle-mêle d’un mélange de morceaux de viande, poisson, salade et même pâtisseries… Une marmite crépite non loin. Cherchant à en savoir plus, un client m’explique « qu’il s’agit des restes de maisons bourgeoises ou de restaurants, récupérés et rassemblés sous le nom d’arlequins ». Le remerciant pour cet éclaircissement, je continue mon chemin et me jure d’éviter à tout prix ces marchands de rogatons !

Avril 1832 – jour 30

Rue Mondétour, l’ambiance est électrique, « y a eu une émeute », me crie un commerçant. Dans un des cafés, il y a de l’agitation. Je m’approche. Au milieu d’un petit attroupement, un jeune garçon vient de mourir, touché par une balle perdue. Les visages sont tirés. Mes yeux glissent sur celui du jeune homme, l’archétype du gamin parisien plein de gouaille. J’ai appris bien plus tard que c’est ce garçon qui a inspiré Hugo pour son Gavroche. Je suis tombé par terre…

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Illustration de la mort de Gavroche, Victor Hugo, Les misérables, vol. 2

Juin 1834 – jour 31

Près de la fontaine du palmier, la place du Châtelet résonne d’éclats de rire et s’anime de grands gestes… Piqué de curiosité, je m’incruste parmi la foule et je comprends après un long moment d’observation qu’il s’agit de personnes sourdes. Tout ce petit monde participe au premier banquet organisé par un professeur sourd nommé Ferdinand Berthier : c’est le banquet fondateur du mouvement militant sourd qui va donner naissance deux ans plus tard à la première association sourde au monde. « Qu’importe la surdité de l’oreille quand l’esprit entend. La seule surdité, la vraie surdité, la surdité incurable, c’est celle de l’intelligence. », Ferdinand ne le sait pas encore, mais Victor Hugo le lui écrira plus tard.

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Etienne Bouhot, la place du Châtelet en 1810 (peinture) Musée Musée Carnavalet – Histoire de Paris.

Avril 1858 – jour 32

Sur la place du marché des innocents, de nombreuses personnes se restaurent, assises à des tables de fortune. Autour, point de restaurant mais des vendeurs qui proposent, ça et là, des pommes de terre frites, des saucisses, du café ou du chocolat. Questionnant un badaud, il m’explique qu’il arrive à ces « marchands », qui ne disposent pas de locaux, de louer un bout de trottoir aux commerçants pour y installer leur matériel, d’où le nom de « Restaurant des pieds humides ». Sentant mon ventre gargouiller, je me laisse tenter par quelques pommes de terre et un café, me réchauffant provisoirement.

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La halle à la verdure aux Halles de Paris, en 1856. Gravure. © Roger-Viollet, Bibliothèque historique de la ville de Paris

Février 1866 – jour 33

Petit matin brouillasseux sur le grand marché. J’erre au beau milieu des nouvelles halles de Baltard, immenses colosses de fer et de verre. Les braillements des vendeurs à la criée dans les pavillons rythment mes pas humides. Soudain, au milieu du brouillard, j’aperçois, rue de la tonnellerie, la silhouette d’un bâtiment massif en pierre. Une vendeuse de harengs au sourire plus ravagé que ravageur m’explique qu’il s’agit du premier pavillon réalisé par Baltard et refusé par l’empereur. A cause de son allure trapue, on l’appelle ici le  fort des halles ».

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Charles Marville, Premier pavillon des Halles centrales, rue de la Tonnellerie. Janvier 1866, Collection : Bibliothèque de l’hôtel de ville de Paris.

Décembre 1870 – jour 34

Je meurs de faim ! Mais bien moins que tous les parisiens. Après tout, je ne suis que de passage. Les prussiens font le siège de la capitale et retiennent les vivres. Je marche dans les rues commerçantes en quête de quelque chose à me mettre sous la dent. Je me rends rapidement compte qu’aux grands maux, les grands remèdes, tout est bon à consommer. Imaginez-vous les étales : animaux exotiques du jardin des plantes, chats, chiens, moineaux, corbeaux, rats, visiblement légion aux Halles et autres denrées de fortune. Certains n’en perdent pas le sens du commerce, ni de l’humour : « Rat goût de mouton, 1 franc pièce » ! J’attendrai ce soir, pour un repas plus classique !

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Siège de Paris, 1870, Gravure, Boucherie canine et féline à Paris.

Décembre 1889 – jour 35

Me voici revenu sur le grand marché, dans un univers digne des temps modernes de Chaplin ! Imaginez une immense cave voutée, sous un pavillon Baltard, jalonnée de fines colonnes en fonte. Dans cette « chambre des machines », tout n’est que générateurs, roues, courroies et groupes électrogènes. Je me fais reconduire à la sortie escorté par deux techniciens musclés à la mine patibulaire, bien étonnés de me trouver dans leur antre. J’en profite pour les assaillir de questions. Cette usine infernale, flambant neuve, dans laquelle des pistons rythment le temps en crachant leur vapeur est destinée à l’éclairage des halles et du triangle formé par les rues du Pont-Neuf, de Rivoli et des Halles. Elle alimente en courant les 550 lampes à incandescence des sous-sols et les 190 lampes suspendues dans les pavillons, sans oublier l’éclairage des habitants du quartier.

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L’éclairage électrique à Paris. L’usine des Halles Centrales, 1889, Musée Carnavalet – Histoire de Paris.

juin 1909 – jour 40

Ce quartier des halles bruyant et animé, que j’ai appris à aimer au fil de mes balades, possède pourtant sa part d’ombre et de misère. On m’a raconté qu’un événement venait juste d’avoir lieu au cabaret de l’Angélus. C’est un bouge infâme près des halles, notoirement connu pour être le point de ralliement de tous les voyous de l’est parisien. La police y a fait une descente musclée et a embarqué tous les clients présents. Tout ce beau monde s’est retrouvé traîné, dans le plus grand désordre, en direction du poste de police de la rue des Prouvaires, puis vers le service de la sûreté de la ville. Ils ont ensuite été interrogés et identifiés par des agents du service anthropométrique. Parmi les criminels incarcérés pour divers larcins, il y avait un certain Lechapier. Amis du 21e siècle ça ne vous dit rien, mais il s’agit d’un voyou notoirement connu vers 1900, pour avoir participé, quelques années plus tôt, à la guerre des bandes que se sont livrés Manda et Lecca pour les beaux yeux de la célèbre Casque d’or ! Mythique tout ça !

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Une du Petit Journal, supplément illustré, dimanche 20 juin 1909.

Juin 1912- jour 41

Les beaux jours sont là à Paris. Je profite de la diversité des restaurants des Halles, depuis le luxueux Pharamond et ses entrecôtes jusqu’au plus populaire Joly et ses truites à choisir directement dans le vivier, en passant par la Maison Léon et ses andouillettes !

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A la Petite Normande. Menu du restaurant Pharamond. 24 rue de la Grande-Truanderie, Paris, (Ier arr.). Imprimé. 1912-1928. © Bibliothèque historique de la Ville de Paris

Mars 1915 – jour 42

Début de l’année 1915, je me fais indiquer la date du jour par un vieux marchand d’arlequins qui me prend visiblement pour un alcoolique ! Je m’attends à du sang et du bruit… la guerre quoi ! Le quartier est animé comme à son habitude, mais paisible. Chacun vaque à ses occupations, fait ses achats dans un brouhaha indescriptible, de cris, d’apostrophes et de conversations animées… Les badauds se promènent au milieu des étals. Les charrettes croulent de marchandises, les commissionnaires slaloment dans la foule avec leurs chariots ou leurs diables. Rien n’indique que le pays est engagé dans le combat, si ce n’est des soldats, en transit ou en permission dans la capitale épargnée. Ils portent des uniformes disparates et fatigués, comme perdus dans la foule.

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Paris pendant la guerre [les Halles] : photographie de presse, Agence Rol. BnF – Bibliothèque nationale de France, Gallica.

Mai 1920 – jour 43

La tradition gastronomique du quartier est décidément bien ancrée. A toute heure, on peut manger dans un des nombreux bistros ou au détour d’une rue, dans une échoppe de fortune. On trouve de tout : saucisses, jambon, pâtés, frites, fruits à volonté, poisson fumé pour le casse-croûte de 9h, avec le petit ballon de rouge^^. La nourriture circule partout et les employés des halles peuvent facilement casser la graine. Comme pour le rappeler, je découvre, en levant les yeux au-dessus d’une épicerie, une ruche et des abeilles sculptées à l’angle des rues Rambuteau et Pierre Lescot, indiquant à tous qu’ici on peut acheter du miel. Je me souviens être passé tant des fois devant cette enseigne en me demandant ce qu’elle faisait là.

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© Médiathèque de la Canopée.

 

La suite bientôt, dans la 3e et dernière partie !

 

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