Vous reprendrez bien un petit peu de… roman noir ?

Le thriller est à la mode avec sa nuée de sous-genres, action, érotique, espionnage, juridique, psychologique, financier, politique, historico-ésotérique…, j’en passe et des meilleurs ! Ils sont partout ! Vous n’en pouvez plus du ssssssssrilleur ?! Alors mettez vous au noir !

Le roman noir pour être plus exact ! On le sait, ce genre à part entière est né à l’orée des années 20 aux États-Unis, surfant sur les grandes et belles heures de la mafia et du crime organisé. Il fleurit aussi sur un terreau social dévasté par la grande dépression de 1929. La toile de fond est simple : une société totalement corrompue où l’argent pervertit tout. Après la grande guerre, un nouveau genre de magazine éclos dans les rues. Il est populaire, accessible, multi-genres et bon marché, donc à la portée de tous, ou presque. C’est le « pulp magazine », imprimé sur du papier de mauvaise qualité avec la pulpe de bois. Les chefs de file sont Dashiell Hammet (Le faucon de malte – 1930), Horace McCoy (On achève bien les chevaux – 1935), Raymond Chandler (Le grand sommeil – 1939), William Burnett (Le petit César – 1929). Dans les années 50, le genre connait un vrai renouveau, au pays de l’oncle Sam, mais aussi au Royaume Unis, avec des auteurs phares comme David Goodis (La Lune dans le caniveau – 1953), Jim Thompson (Le Démon dans ma peau – 1952), Charles Williams (Bye-bye, bayou ! – 1951) ou Chester Himes (La Reine des pommes – 1957). Le héros devient monsieur tout le monde. Ainsi chacun peut s’identifier ! En France, on découvre alors Jean Amila (Y’a pas de Bon Dieu ! – 1950) ou Léo Malet (Le Cinquième Procédé– 1948) pour ne citer qu’eux.

Après 1968, le néo-polar est plus noir encore que ses ainés, teinté par les crises (68, guerre d’Algérie, guerre du Vietnam, situation internationale…). Le roman noir est plus que jamais un procédé de critique sociale. Les œuvres de Jean-Patrick Manchette, le créateur du néo-polar (L’Affaire N’Gustro – 1971), Jean-Claude Izzo (Total Khéops – 1995), Tonino Benacquista (La Maldonne des sleepings – 1989), ou James Ellroy (Le Dahlia noir – 1988) sont très engagées et réalistes.

Le roman noir est plutôt urbain. Il prend appui sur le réel, une réalité sociale visible, vivante. Le discours est impliqué, voire militant. Il transcrit souvent la vision pessimiste d’une société empreinte de violence et de corruption : détectives fracassés par la vie, flics corrompus, alcool sec, fric, meurtres, vols, femmes fatales ; les ingrédients sont là pour lui donner corps. Le style est simple, épuré et réaliste pour être compris de tous.

Aujourd’hui, le genre se perpétue par petites touches dans la littérature policière. Le genre « noir » est un peu assaisonné à toutes les sauces. Tout semble teinté au tambour battant du thriller aromatisé pour plaire au plus grand nombre.

Voici quelques pistes actuelles pour rester dans l’ambiance… Vous pouvez trouver l’essentiel de ces titres dans le fonds de la médiathèque de la Canopée.

Bonnes lectures !

Sans titre

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s