« On remet tout à plat »

Visite instructive au service maintenance des collections de la Bpi avec Florence Rodriguez, cheffe du service

Florence Rodriguez nous a rappelé les bons gestes à adopter en matière d’équipement, puis montré le fonctionnement de leur nouvelle machine Colibri.

Elle a d’abord partagé avec nous ses retours sur l’équipement des documents, fait de manière souvent systématique, notamment la pose de charnières avec du film plastique ou du papier Japon. En effet, cette addition n’est pas toujours nécessaire, et crée au contraire souvent des tensions supplémentaires sur le dos de l’ouvrage. Il n’est donc pas utile de mettre des bandes charnières sur les beaux livres, surtout quand ils ont déjà une double garde. Et voici pour rappel les différentes parties d’un livre.

©Atelier Saint-Luc

Outre ce manque de formation initiale pour certains de nos collègues, le problème tient aussi à la présentation « debout » des documents sur les rayonnages qui accentue les tensions mécaniques vers le bas. L’idéal serait de les coucher à plat, ce qui semble quasi impossible à réaliser dans les bibliothèques, faute de place. De même pour les soulager, il faudrait penser à les disposer sur des présentoirs inclinés, ou pour prévenir cette difficulté, disposer un soufflet en papier kraft ou en percaline au niveau du dos. Il serait également nécessaire de faire de la pédagogie : on ne tire pas un livre par sa coiffe pour le consulter, on évite au maximum de serrer les documents sur les rayonnages, on accompagne les pages lorsqu’on lit un livre… Les charnières sont en général solides et n’ont pas besoin de renfort. Dans le cas où il nous semble nécessaire de les consolider afin d’éviter la rupture au niveau de la 2e page, on peut alors utiliser du Filmoplast.

Toujours dans ce même esprit, on doit désormais penser à mettre à plat nos rouleaux de film… pour que la colle ne tombe pas, ce qui risquerait d’augmenter la formation de bulles au moment de l’équipement. Et plutôt que des gros rouleaux, il faudrait disposer de plusieurs types de formats, pour limiter les chutes, actuellement non recyclables. À noter que la colle de nos films est à prise différée, et, qu’il est donc inutile de tirer ou d’appuyer trop fort lors de l’équipement, au risque de dégrader les couvertures.

« Faire chanter la gorge » va désormais faire partie de nos expressions du moment : en effet, il ne faut pas plastifier les gorges (appelées également les charnières) des documents, au risque de créer des tensions : soit on supprime celles-ci au moyen d’un scalpel, soit on opte pour la pochette en lieu et place de la plastification. Pour les bandes dessinées, on peut plastifier, mais on le fait alors au chiffon doux, et non à la raclette pour faire adhérer le film au plus près de la surface de l’ouvrage. Il faut cependant le proscrire pour tous les papiers hétérogènes, striés, toilés, etc.

Gorge ou charnière

Après ce préambule passionnant, nous avons découvert la nouvelle machine proposée par Colibri.

Celle-ci permet d’utiliser à la place du plastique ordinairement employé, du papier polyéthylène, amovible et réutilisable, soit complètement recyclable. Le coût : 0,90€ par document pour une machine qui coûte environ 500€. Autre avantage, non moins précieux : son filtre anti-UV. Le rayonnement UV provoque le jaunissement progressif des papiers et des plastiques. Ajouté au problème d’hygrométrie (air souvent trop sec), à la pollution atmosphérique, mais aussi humaine, les documents sont soumis à différents risques de dommages. En outre, cette technique est intéressante quand il s’agit de réparer un ouvrage : on retire simplement la couverture et on accède au document dans sa forme originelle.

Alors, comment procède-t-on avec cette machine ?

  1. On place le document à couvrir sur la machine, après avoir choisi une pochette du format correspondant. On centre sur les deux flèches, en commençant par la tête de l’ouvrage.

À l’aide de la pédale, on exerce une pression. La machine chauffe et coupe le film à la dimension du document.

  1. On place ensuite le 2e rabat. Suivant le type de document, on peut le retourner, retirer un peu le 1er rabat pour avoir un peu de marge. On centre de nouveau. Et on réitère l’opération.

Sur le compteur apparaît le nombre de documents traités. Chic, un nouvel indicateur pour notre rapport annuel ! Et surtout un gain de temps en termes de manipulation, et donc un coût RH diminué.

On compte l’expérimenter très bientôt à la médiathèque… à suivre donc !

Publicité

Une réflexion au sujet de « « On remet tout à plat » »

  1. Super cette nouvelle machine Colibri, sympathique ce nom …le retour sur investissement rapide s’il se calcule en terme de temps passé à couvrir … et plus c’est plus écologique !
    Une démonstration in livre pour les lecteurs et les sensibiliser à prendre soin des livres, surtout les BD grands formats …

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s